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Un jour, un auteur : Sébastien Thiéry

Auteur de comédies décapantes qui flirtent avec l’absurde, Sébastien Thiéry a remporté plusieurs Molières pour ses pièces et ne cesse de nous surprendre à chacune de ses créations. Il est l’auteur de nombreuses pièces publiées dans la revue L’avant-scène théâtre et la Collection des quatres-vents, dont "Cochons d’Inde", "Sans ascenseur", "Dieu habite Düsseldorf", "L’Origine du monde", "Momo", "Deux hommes tout nus"…

« Ce qui me manque, ce sont les surprises de la vie »

L’avant-scène théâtre : Où êtes-vous confiné ?
Sébastien Thiéry :
Je suis confiné dans mon appartement à Paris.

AST : Comment se déroulent vos journées ?
S. T. :
J’essaie d’écrire le matin, avec plus ou moins de motivation, et je monte sur mon vélo pour rendre visite à mes enfants l’après-midi. Ils vivent en banlieue, ce qui me permet de faire un peu d’exercice sans enfreindre les règles du confinement. Le soir, je me fais cuire des nouilles et je regarde un film.

AST : Avez-vous des projets d’écriture en cours ? Est-ce une période propice pour écrire ?
S. T. :
Je tente d’écrire une nouvelle pièce en ce moment, mais j’avance au ralenti. Dans l’absolu, le confinement réunit toutes les conditions pour se concentrer sur l’écriture. Mais tous ces théâtres fermés, et l’incertitude quant à leur réouverture, me démotivent un peu. J’ai le sentiment d’aller cultiver mon potager tous les matins alors qu’on n’a plus le droit de manger de légumes.

AST : La situation actuelle peut-elle être une source d’inspiration ?
S. T. :
Oui, cette situation aberrante va certainement générer une multitude d’œuvres théâtrales, cinématographiques ou littéraires. Pour ma part, j’écris sur un sujet que j’avais en tête avant qu’on me colle en prison.

AST : Qu’est-ce qui vous manque le plus ? Qu’est-ce que vous appréciez ?
S. T. :
Ce qui me manque le plus, ce sont les surprises que la vie peut nous offrir. Depuis deux mois, mes journées se ressemblent toutes, et rien d’inattendu ne se passe. La seule chose positive de cette période, c’est que j’ai le sentiment de découvrir un peu plus mes enfants.

AST : Le confinement vous-a-t-il fait prendre conscience de certaines choses et vous a-t-il donné des envies de changement ?
S. T. :
Le confinement me donne surtout envie de me déconfiner et certainement pas de me plonger à l’intérieur de moi-même, au risque de ne jamais remonter…

AST : Quelle est la première chose que vous ferez quand vous sortirez ? Et qu’est-ce que vous ne ferez plus ? 
S. T. :
J’irai à la mer. J’arrêterai de me laver les mains douze fois par jour.

AST : Pouvez-vous nous citer un objet et une œuvre artistique qui vous ont accompagné pendant cette période ?
S. T. : Un objet : Mon vélo, pour aller voir mes enfants.
Une œuvre : Les Illusions perdues de Balzac, que j’ai enfin eu le temps lire car il fait 830 pages…

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