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Un vent de jeunesse souffle sur les éditions L'avant-scène théâtre !

Parce que l'amour des livres et du théâtre s'acquiert dès le plus jeune âge, parce que la lecture et le jeu sont des portes ouvertes sur le rêve et le monde, L'avant-scène théâtre a conçu avec les éditions Nathan une collection de théâtre jeunesse illustrée pas comme les autres. Ses auteurs nous confient leur point de vue : Olivier Celik (4/6)

Directeur de L’avant-scène théâtre pendant treize ans, Olivier Celik a participé à la création de la collection « Lire et jouer ». Un monstre dans la cheminée, c’est l’idée d’une bêtise que l’on voudrait réparer maladroitement avec une autre bêtise…

L’avant-scène théâtre : Qu’est-ce qui vous a incité à participer au projet Lire et jouer ?

Olivier Celik : J’étais à l’époque partie prenante du projet. Lors de l’élaboration du cahier des charges définissant les personnages et leurs relations, j’ai eu peur que le cadre soit trop contraignant pour les auteurs. Je me suis alors dit que le mieux était de tester par moi-même les éventuelles difficultés de l’écriture. J’ai commencé ma pièce. Dès les premières répliques, je me suis amusé et je me suis pris au jeu.

AST : Comment vous est venue l’idée de votre « bêtise » de Mip et Lo ?

O. C. : J’ai pensé à mes enfants (qui ne font pas trop de bêtises) mais qui ont, comme tous les enfants, tout le potentiel pour en faire. Mais je ne voulais pas raconter l’histoire d’une bêtise coupable. Je voulais au contraire que la bêtise soit faite dans les meilleures intentions. Une jolie bêtise en quelque sorte, mais dont les conséquences auraient pu être graves. La bêtise de Mip et Lo de demander au chat de passer par la cheminée vient de la volonté de réparer une autre bêtise, celle d’avoir égaré les clés de la maison. Les enfants veulent bien faire, mais ils apportent à un vrai problème la mauvaise solution, ce qui permettra aux parents, qui ne sont d’ailleurs pas tout à fait innocents ici, de délivrer une leçon tendre et raisonnable.

AST : Qu’est-ce qui vous a plu dans le fait d’écrire cette pièce ?

O. C. : Une fois que j’ai intégré personnages et univers, et que j’ai vu comment je pouvais y faire entrer mon expérience personnelle tout en m’en affranchissant, cela m’a excité. Les personnages, notamment, ont pris vie, et leur logique de caractère et de comportement a très naturellement guidé les répliques comme l’action dramatique.

AST : Selon vous, qu’est-ce que le théâtre peut apporter aux enfants ?

O. C. : Le théâtre apporte aux enfants tout ce qu’ils n’ont pas assez ailleurs : l’imagination, l’écoute, le goût du langage et des mots, l’envie d’investir son corps et son esprit dans un jeu qui a du sens. Le théâtre est comme le condensé de la vie, et c’est sans doute pour les enfants une manière très efficace de comprendre le monde et, pourquoi pas, de vouloir le changer un peu.

AST : Quel a été votre rapport enfant au théâtre ?

O. C. : Je me souviens du théâtre punition qu’on inflige aux collégiens (pauvre Racine !). Puis je me souviens, au milieu de ces spectacles assommants, d’un spectacle qui ouvre toutes les fenêtres. On se rend compte avec émerveillement de tout ce que le théâtre a de possible. On a alors devant les yeux un espace de liberté infini sur quelques mètres carrés à peine ! J’ai donc connu l’ennui extrême et la fascination la plus forte. Rien n’a changé d’ailleurs : comme spectateur adulte et professionnel, j’éprouve toujours ces deux sentiments. L’un est plus fréquent, malheureusement !

AST : Si vous deviez incarner un personnage de la collection, lequel choisiriez-vous ? pourquoi ?

O. C. : Je choisirais Gustave, sans hésiter ! Philosophe et paresseux, cela me va assez bien ! Je note tout de même qu’il n’est pas toujours dénué de témérité, fut-ce sous la contrainte. Là encore, ça me parle…