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Un vent de jeunesse souffle sur les éditions L'avant-scène théâtre !

Parce que l'amour des livres et du théâtre s'acquiert dès le plus jeune âge, parce que la lecture et le jeu sont des portes ouvertes sur le rêve et le monde, L'avant-scène théâtre a conçu avec les éditions Nathan une collection de théâtre jeunesse illustrée pas comme les autres. Ses auteurs nous confient leur point de vue : Sylvain Tesson (2/6)

Sylvain Tesson est un écrivain voyageur, épris de grands espaces et d’aventures. Il a écrit pour la collection « Lire et jouer » Balzac en liberté, une histoire qui lui ressemble, et une réflexion sur la liberté et l’usage qu’on peut en faire.

L’avant-scène théâtre : Qu’est-ce qui vous a incité à participer au projet Lire et jouer ?

Sylvain Tesson : C’est la première fois que m’est donnée l’occasion de m’adresser à un public d’enfants. Voilà ce qui m’intéressait. D’autre part, le cahier des charges proposé m’amusait beaucoup parce que cela engageait l’imagination sur des terrains dont j’ai très peu l’habitude, c’est à dire le rapport entre parents et enfants, et surtout la présence d’animaux qui se chargent d’exprimer des sentiments légèrement ironiques, un peu distants, et qui regardent de leur point de vue les affaires des hommes. Cette distribution de personnages me plaisait.

AST : Comment vous est venue l’idée de votre « bêtise » de Mip et Lo ?

S. T. : La réponse que je vais faire est celle que pourraient probablement faire tous les auteurs. Ils imaginent la bêtise à laquelle eux-mêmes se livreraient. Et moi j’ai construit ma vie autour de ce que je considère non pas comme une bêtise mais comme un réflexe de survie : L’école buissonnière. Le fait de prendre des chemins de traverse, de quitter le foyer, les maisons, tous les sièges de l’autorité.

AST : Selon vous, qu’est-ce que le théâtre peut apporter aux enfants ?

S. T. : C’est une manière amusante et légère de s’exprimer sur des sujets cruciaux, c’est à dire la recherche de la liberté, la nécessité d’échapper à cette espèce d’uniformisation intellectuelle et de standardisation des comportements auxquelles oblige l’âge adulte.

AST : Quel a été votre rapport enfant au théâtre ?

S. T. : C’était un rapport déterminé par la passion contractée par mes parents et mes sœurs vis-à-vis du théâtre, et à laquelle j’étais obligé de souscrire par obligation ; c’est à dire le spectacle dominical à la Comédie-Française. Ce qui n’enchante pas toujours un enfant, pour peu qu’il ait une âme portée vers les activités de plein air. "Iphigénie" par un dimanche après-midi ensoleillé, quand on a 10 ans et demi, c’est long ! Ensuite, en grandissant, j’ai compris que c’était le bon endroit où se tenir.

AST : Si vous deviez incarner un personnage de la collection, lequel choisiriez-vous ? pourquoi ?

S. T. : C’est le chat qui m’amuse. Le chat est celui qui sourit, qui regarde les choses avec distance. J’aime le chat pour ce qu’il représente : l’autonomie, l’insolence, un certain égoïsme. Et puis un chat est obsédé par l’impératif d’être souvent tranquille et toujours impeccable.